
Synopsis
: Rescapée de l'expédition spéléologique de « The Descent », Sarah émerge
seule des grottes des Appalaches, traumatisée par les événements. 24
heures plus tard, le shérif local l'oblige à redescendre sous terre
afin de guider l'équipe de secours qui cherche désespérément ses cinq
amies disparues. Alors que le groupe s'enfonce dans les profondeurs,
Sarah commence à réaliser toute l'horreur de cette mission. Le danger
qui les guette, tapi dans les ténèbres de la grotte, est encore plus
féroce que celui auquel Sarah a survécu…

Critique
: Attention aux nombreux spoilers !
The
Descent, petite péloche bien barbare et tendue, a pour
ainsi dire révolutionné le Cinéma d'horreur.
Associant des affrontements d'une violence peu commune à une
ambiance proprement terrifiante, Neil Marshall avait revisité
le survival avec succès en proposant un histoire originale
mais pourtant très simple : six femmes décident
d'explorer une grotte dans le Massif des Appalaches et se retrouvent
bloquées sous terre par un éboulement. Elles sont alors
attaquées par des créatures humanoïdes des plus
voraces, les crawlers (qui entretiennent une vague ressemblance
physique avec le Gollum du Seigneur des Anneaux). Et voilà
que la suite pointe le bout de son nez, près de 5 ans après
la sortie du premier film. Quid de cette nouvelle descente aux enfers
me demanderez-vous ?

Dès
les premiers instants du film, une question se pose : qu'est-ce que
c'est que ce bord** ? L'introduction montre une camionnette roulant
sur un chemin boisé, son conducteur se penchant vite pour
ramasser un objet quelconque, avant de freiner brutalement pour ne
pas faucher une biche. Le fake scare pourri semble alors de mise,
mais difficile de ne pas sursauter lorsqu'une Sarah hagarde et
couverte de sang vient taper à la vitre. "Attends",
me direz-vous, "tu parles bien de l'héroïne du
premier film" ? Malheureusement oui, car là où le
montage Américain voyait Sarah sortir de la grotte, le notre
semblait bel et bien indiquer qu'elle y était resté.
Problème de continuité sans importance, sans doute,
mais la suite n'arrange pas du tout les choses. Sarah est transportée
à l'hôpital, et se révèle être...
victime d'amnésie ! Quelle originalité ! Puis, lorsque
la police lui rend visite, on aperçoit le collier couvert de
sang de la jeune femme posé négligemment dans un bac en
plastique, sans même un sachet de protection (qui a dit "pièce
à conviction" ?) Le pire étant sans doute atteint
lorsque le shérif examine l'objet sans se soucier de mettre
ses propres empreintes dessus !

Persuadé
qu'elle a tué ses amies, notre compétent agent décide
de l'emmener avec l'équipe de sauvetage dans la grotte !
S'ensuit alors une flopée de scènes d'exploration
comportant nombre de dialogues inutiles et de personnages à
peine développés (les sauveteurs et l'adjointe,
notamment) Et là, surprise, l'action commence exactement comme
dans le film de Marshall ! Un éboulement sépare nos
héros et les crawlers passent à l'attaque dans la
grotte où Beth avait été tuée dans le
premier film. Le gore est heureusement au rendez-vous, mais sans
apporter de nouveauté. Les crawlers continuent de se faire
perforer le crâne à coups d'os et à arracher la
carotide de leurs victimes dans des geysers de sang exagérés.
Le sentiment de claustrophobie est bien là, mais la tension
ressentie n'est plus aussi forte. Les apparitions des créatures
sont des plus prévisibles (en gros, dès qu'un
personnage est filmé en gros plan et de profil, attendez-vous
à voir un crawler dès qu'il se retournera)

Jon
Harris se borne par la suite à refilmer toutes les scènes
du premier film (ça en deviendrait presque un remake). Tout y
passe, de la mare de sang (dans laquelle un crawler viendra couler un
bronze sans même se torcher, quel petit saligaud !) au gouffre
où pend encore le cadavre de la jeune médecin. Reste
une poignée de bonnes scènes (le rocher qui broie le
crâne d'un crawler, la mort du shérif, le rat dans la
bouche) et un combat final plutôt barbare (bien qu'il soit
encore une fois copié sur le précédent), qui
nous montre même le chef de meute des crawlers ! Puis arrive la
fin, au début très réussie (la rédemption
de Sarah) avant de se planter dans un des pires clichés
possibles. Au final, The Descent : Part 2 est un film
d'horreur assez regardable si l'on omet tous ses petits défauts
et si l'on n'a pas vu le premier volet. Le manque d'originalité
est en tout cas des plus flagrants, le film se repose sur les acquis
du précédent, et un troisième chapitre n'est à
mes yeux même pas envisageable. Mais avec Hollywood, allez
savoir...
